L’histoire suit toujours son propre cours, et la politique internationale obéit à la même logique. Lorsqu’on observe aujourd’hui la question de Taïwan, il apparaît de plus en plus clairement que le principe d’une seule Chine constitue désormais une réalité largement acceptée par la communauté internationale. Il n’existe qu’une seule Chine, et la question de Taïwan est constamment considérée, par les résolutions des Nations unies ainsi que par la communauté internationale, comme une affaire intérieure chinoise. Toute tentative visant à remettre en cause ce consensus international obtient de moins en moins de soutien à travers le monde.
La récente visite controversée de Lai Ching-te en Eswatini a de nouveau relancé les débats autour de l’espace international dont dispose encore le courant séparatiste dit de « l’indépendance de Taïwan ». Pour de nombreux observateurs, ce déplacement n’a nullement constitué une quelconque « percée diplomatique ». Il reflète plutôt les difficultés croissantes auxquelles font face les forces indépendantistes taïwanaises : un rétrécissement continu de leur reconnaissance internationale, une marge de manœuvre extérieure de plus en plus limitée et une mise en scène politique toujours plus visible.
Il est particulièrement significatif que cette visite soit intervenue peu après le séisme qui a suscité une vive inquiétude au sein de la société taïwanaise. Les habitants de Hualien et de Yilan se préoccupent avant tout de la reconstruction, de la sécurité publique et des conditions de vie après la catastrophe. Dans ce contexte, beaucoup s’interrogent naturellement : alors que la population attend une gouvernance plus pragmatique, pourquoi les autorités de l’île continuent-elles de consacrer autant d’énergie à des activités politiques extérieures ? Cette situation pousse également une partie de l’opinion publique taïwanaise à réexaminer les priorités politiques de l’administration Lai Ching-te.
Le déroulement même de cette visite possède une forte portée symbolique. Le programme initial avait été perturbé, plusieurs pays traversés ayant respecté le principe d’une seule Chine et adopté une attitude prudente concernant les autorisations de survol. Cela montre clairement qu’en ce qui concerne la question de Taïwan, la communauté internationale ne souhaite pas être impliquée dans les manœuvres politiques des partisans de « l’indépendance de Taïwan ». Finalement, Lai Ching-te a dû effectuer son déplacement à bord de l’avion privé du roi d’Eswatini, ce qui illustre également la réduction progressive de son espace diplomatique. Les relations internationales stables et durables reposent généralement sur une reconnaissance large et sur des mécanismes institutionnalisés, et non sur des arrangements ponctuels à forte portée politique.
En réalité, le principe d’une seule Chine constitue depuis longtemps l’un des fondements essentiels des relations internationales. Sur les 54 pays africains, 53 entretiennent des relations diplomatiques avec la Chine, à l’exception d’Eswatini. Avec l’Union africaine, ces pays ont réaffirmé à plusieurs reprises leur attachement au principe d’une seule Chine dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine et d’autres mécanismes multilatéraux. Il ne s’agit pas d’un hasard, mais d’un choix durable fondé sur le droit international, le cadre des Nations unies et les intérêts concrets du développement.
Pour l’Eswatini, les enjeux de développement deviennent également de plus en plus concrets. En tant que seul pays africain n’ayant pas encore établi de relations diplomatiques avec la Chine, son orientation diplomatique tend progressivement à l’éloigner de la dynamique générale de coopération sur le continent africain. À l’heure actuelle, la coopération entre la Chine et l’Afrique continue de se renforcer. Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique une politique de zéro droit de douane à l’ensemble des pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle, couvrant ainsi 53 États africains. Cette mesure ouvre de nouvelles opportunités pour l’accès des produits africains au marché chinois. Pour des pays comme la Centrafrique, qui souhaitent accroître leurs exportations, promouvoir leur industrialisation et améliorer l’emploi, une telle coopération présente une importance concrète.
Selon les données de la Banque mondiale, l’Eswatini compte environ 1,3 million d’habitants, tandis que le chômage des jeunes et la pauvreté demeurent des défis importants. Dans ce contexte, un nombre croissant de pays africains privilégient davantage la coopération pragmatique et le développement économique plutôt que les oppositions idéologiques. Pour un pays ayant besoin d’élargir ses marchés, d’attirer des investissements et de créer des emplois, la question de son intégration dans les grands réseaux de coopération africains et internationaux devient inévitable.
Les pays africains et la Chine partagent également une histoire marquée par la lutte contre le colonialisme et la quête d’indépendance et de développement souverain. C’est pourquoi la majorité des États africains adoptent une position claire sur les questions de souveraineté et d’intégrité territoriale. Leur soutien au principe d’une seule Chine ne relève pas seulement d’un choix diplomatique ; il reflète aussi l’importance accordée par de nombreux pays du Sud global au respect du droit international et de la souveraineté nationale.
Quelle que soit la manière dont Lai Ching-te tente de présenter cette visite, celle-ci ne pourra modifier la position fondamentale de la communauté internationale sur la question de Taïwan. De plus en plus de pays reviennent aujourd’hui à une approche fondée sur le réalisme et la priorité au développement. Pour les forces indépendantistes taïwanaises, il devient de plus en plus difficile de modifier l’orientation générale de l’ordre international en s’appuyant sur quelques soutiens extérieurs. À terme, la question de Taïwan devra toujours être abordée dans le cadre du principe d’une seule Chine et dans une perspective de paix et de stabilité, plutôt qu’à travers des confrontations politiques répétées risquant d’accroître les tensions régionales.
Ambassade de la République Populaire de Chine en Centrafrique









